Les vols de préparation sont maintenant traditionnels dans notre programme de début de saison : un vol d’essai, si les opérations de maintenance le justifie, un vol d’entraînement et le vol de prorogation de qualification de type des pilotes.
Le vol d’essai
Le changement moteur de cet hiver avec la dépose et repose de l’hélice justifiait un vol d’essai cette année. Le vendredi 8 mai était la date choisie, tout le monde était prêt pour le début d’après-midi. Avec Gabriel et moi, Jean-Claude était accompagné de Rolland et Gérard qui avaient largement contribué au chantier. Gérard devait en particulier vérifier en vol le réglage des moteurs.
L’avion sorti devant le N5 à Orly, tout le monde retrouve ses marques. Premier vol depuis octobre, c’est un grand moment, et nous nous demandons comment va tourner notre nouveau moteur.
La mise en route est facile, il tourne bien, nous l’avions bien sûr essayé lors de points fixes, mais là nos oreilles sont à l’aguet.
Nous répétons les check secours, en particulier les actions en cas de survitesse moteur, en effet les essais d’hélice ne peuvent être faits complètement en statique au sol.
Roulage et décollage sur la piste 20, nous sortons en survolant la forêt de Sénard, au sud vers Pithiviers. Passé le travers d’Etampes, nous montons vers 3000 pieds, tous les paramètres sont nominaux et Gabriel commande l’arrêt du droit. Ralenti, grand pas et commande drapeau. Les tours chutent et je regarde l’hélice s’immobiliser, les pales dans le lit du vent. Les magnétos sur off et le reste de la procédure suit. Il faut tenir l’avion, mais nous avions déjà constaté que c’est plus facile avec un vrai drapeau qu’avec un moteur en transparence, qui ne reproduit pas réellement les conditions du drapeau, car il freine plus ou au contraire produit un peu de traction.
Tout va bien, Gabriel demande la mise en oeuvre de la check-list dévirage, le bouton poussoir du drapeau enfoncé, les pales pivotent lentement autour de leur axe et l’hélice se met à tourner en moulinet. 800 t/mn et c’est le démarrage, les magnétos sur on, les gazs doucement et ça démarre. La montée en puissance et en régime doit être progressive pour permettre la stabilisation des paramètres.
Tout revient dans l’ordre, les essais sont terminés, nous allons à Toussus pour faire les pleins. Je n’ai pas pris de photos, dommage, mais nous avions autre chose à faire à ce moment.
L’arrivée à Toussus est classique, RBT, Sierra et la 25 en service. Ce sera la droite pour nous. Un Cessna est devant au touché, un autre sur la gauche, c’est au chausse-pieds, mais ça passe.



La finale est turbulente avec du cisaillement de vent.

L’avion danse un peu de gauche à droite, mais Gabriel le tient sur l’axe.



Nous sortons en bout de piste, et devant l’aéroclub Air France, des spectateurs nous saluent, c’est sympathique. J’y ai fait mes premiers vols en 1968 sur NC 854 ...


Le parking tour, Susana et Arnaud sont là, c’est à eux que nous devons les photos du jour.

Jean-Claude vérifie l’état des moteurs

L’équipe est très satisfaite
Après les pleins, nous embarquons les quatre fûts d’huile que j’avais commandé et retour sur Orly.


Je serai en PF sur ce petit tronçon,


décollage en 25,




virage à gauche en sortie ouest, Marcoussis et finale 02, 22 mn bloc bloc !
Le vol d’entraînement
Nous avions prévu notre vol d’entraînement pour le 9 mai. Le CDN expirant le 10, le créneau était serré. Décollage vers 11h avec Montargis comme destination. Les tours de piste à Etampes semblaient difficiles un samedi, nous avions prévu de retrouver Arnaud et Susana et d’aller déjeuner sur place avant de rentrer. C’était sans compter sur dame météo ! L’aller se fait sans problème, Gabriel enchaîne un tour de piste normal, un basse hauteur pendant qu’un Cessna sympa fait du lagage de paras baptêmes.

Nous redécollons à contre QFU après un complet pour éviter le roulage, il n’y a pas de vent.

Le ciel se bouche doucement, il tombe quelques gouttes, et je reprends sur le même programme. En courte finale, Gabriel me dit "pose le trois points". C’est intéressant, un atterrissage trois points avec un bimoteur de 11T. Mais il se pose comme un Mousquetaire.


Nous allons au parking retouver les copains.


Ludivine, une jeune pilote de ligne, juste sortie de Saint Yan nous attend.
un coup d’oeil à l’huile.
Le ciel devenant menaçant, nous décidons de rentrer et d’aller déjeuner vers Orly. Susana nous retrouvera là-bas, et nous avons Ludivine et Arnaud avec nous.



Un dernier tour de piste après le décollage et c’est parti. Le plafond descend et au travers de Pithiviers, nous décidons de ne pas aller plus loin. C’est pourtant bon à Orly.


Une analyse rapide de la situation nous amène à choisir Etampes comme déroutement. La tour nous confirme que c’est volable et nous aurons quelques échanges avec les avions dans le circuit pour avoir les plafonds. Voici le terrain, vent arrière 06, finale un peu overshootée, mais il pleut et la visi est médiocre. Atterrissage sur l’herbe et nous allons nous garer au pied de la tour. Le contrôleur plaisante en me disant sur la fréquence, alors c’est plus dur qu’avec le Lionceau de Brocard ? Je confirme ; le Lionceau, c’est le tout petit avion sur lequel je fais de l’instruction au club Brocard à Etampes. Susana est prévenue et se déroute sur Etampes. Nous attendons sous la pluie, je prends les METAR d’Orly qui restent optimistes. Au bout d’une heure, une légère éclaircie, Gabriel appelle le chef de quart d’Orly qui confirme que ça passe pour eux. Nous décidons la mise en route et retour sur Orly.


Nous aurons quelques stratus au travers de la ville d’Etampes, et correct en suite,

une verticale Brétigny avec le Vautour qu’a piloté en meeting notre ami Hervé, il est sur le parking, dans l’attente d’un improbable destin.
une finale directe sur la 02 à l’ILS.



Et nous sommes à la maison quelques minutes plus tard.

Le test de QT
Le 15 nous avons la visite du Contrôleur GSAC qui nous surveille. Le dossier est bien présenté et nous avons le renouvellement du CDN avec des commentaires élogieux sur le travail réalisé, bravo encore à Jean-Claude et à l’équipe de maintenance.
Nous pouvons donc réaliser le vol de prorogation de QT pour Gabriel et moi. C’est Philippe V. qui est délégué par la DGAC, comme l’an dernier. Entre ses vols de contrôle, il exerce sur B737 chez Transavia et a fait du DC4 en Afrique dans ses jeunes années.
Nous voilà partis, direction Auxerre, les terrains en herbe habituels étant détrempés. Jean-Claude est avec nous et nous enchaînons des tours de piste sur place, standard, basse hauteur, N-1. Nous aurons quelques photos, un spotter du forum pilotlist étant par là ! et c’est donc grâce à Nicolas Cornette qu’il nous reste quelques traces de ce moment.







De retour à Orly, les papiers sont signés, et nous voilà prêts pour la nouvelle saison.