La Ferté 2009
Nous sommes de retour à La Ferté, après deux années d’absence. Nous avions eu une proposition pour le meeting des grandes écoles aéronautiques à Muret, mais les jeunes nous ont un peu promené, et nous nous sommes donc engagés auprès de Brigitte et Jean Salis, avec qui nous avons une relation d’amitié. Le meeting était bien différent cette année. Nous avions changé d’interlocuteurs, certes, mais l’esprit avait bien évolué. Nous avons eu un vrai plaisir à être là. Une présentation raccourcie, laissant la place le matin aux visites du public. Le soleil aidant, il a régné tout au long de ces deux journées une douce atmosphère, retrouvant ainsi le charme des meetings d’antan. Bon, nous avons eu le bruit déchirant des Rafales, mais cependant, la présentation de l’Aéronavale avec ses Super Etendards et le Hawkeye n’a pas manqué d’élégance.
Le meeting avait commencé pour nous le vendredi par la mise en place d’Orly à la Ferté, avec un petit événement ! Nous avions à bord une équipe de TF1 qui a tourné également le samedi sur La Ferté. L’affaire s’était déclenchée grâce à Albéric, un de mes élèves en formation PPL. Il travaille chez LCI, dans le groupe TF1. Albéric était venu à Etampes il y a quelques mois, et ça lui a tellement plu qu’il a commencé sa formation. C’est devenu un passionné et un vrai ! ayant vu un peu plus tard le DC3, il fait aujourd’hui partie des adeptes.
Il a donc proposé le sujet au rédacteur du journal télévisé du week-end qui a tout de suite été preneur. Après quelques échanges de mails et contacts téléphoniques, rendez-vous en début d’après-midi du vendredi à Orly avec le journaliste, le caméraman et le preneur de son. Les laisser-passer ont été établis, l’équipe de La Ferté est dans la boucle, tout va bien. Jean-Claude, Yves et une partie de l’équipe sont à l’avion qui a été sorti devant le hangar. La caméra commence à tourner, le journaliste pose des questions et le preneur de son enregistre. Yves nous rejoindra à La Ferté par la route car nous ne pouvons être que cinq dans l’avion. Un jour peut-être, nous n’aurons plus besoin de nous livrer à de savants ballets logistiques pour respecter la sacro-sainte règle des cinq. Il y en a qui ont attendu près de 2000 ans avant de revoir Jérusalem. Nous ça fait 18 mois que la question est posée, nous pouvons attendre encore un peu.
La mise en route est nominale, et après avoir quitté Orly, en route pour la Ferté, nous nous éloignons vers l’Est, quelques minutes de tranquillité pour répondre aux questions sous l’œil de la caméra. Puis finale sur la belle piste en herbe et nous voilà garé à notre place traditionnelle, vers le seuil de piste à côté du DC3 de Georges et du JU52 suisse.


Nous voyons arriver les avions, tiens un PA19 avec un équipage de la pilotlist (forum de pilotes).


La mécanique est assurée par Yves pour cette journée

Puis nous nous séparons de notre équipe de télé, nous les retrouverons le lendemain.


Notre équipe de TF1
Le soir, après le casse-croûte, bus jusqu’à l’hôtel B&B de Courcouronnes. Là, un grand moment d’angoisse métaphysique pour la trentaine de membres d’équipages du meeting !
Onze heures du soir, la zone d’activité de Courcouronnes, inutile de préciser que l’activité c’est en journée ! à cette heure, c’est le désert glauque. Les portes sont fermées et personne à l’accueil, bien sûr, c’est encore un hôtel robotisé. Nous n’avons pas de numéro de chambre, ni de code d’accès.
La fatigue tombe dans les jambes, mais nous restons philosophes. Daniel Koblet, le pilote suisse du Morane 406, prend les choses en main. De son bel accent traînant, il demande par l’interphone qu’il y ait quelque chose qui se passe. Une voix commence par nous envoyer promener. Après de longs palabres, cette même voix nous informe qu’en fait, nous sommes attendus au B&B 2, à 50m derrière la haie. Tout va bien, et nous sommes bientôt au lit.
Le lendemain, nous sommes tôt au terrain,


l’aire de stationnement avion est bientôt ouverte au public et les visites commencent.


Yves scrute le ciel !
Susana et Arnaud nous rejoignent. Les colibris commencent à passer. Ah !, mais qu’est-ce qu’un colibri ? En résumé, c’est un abonné de la pilotlist, forum de pilote dont nous faisons partie. Nous y rencontrons beaucoup de pilotes de tout niveau et de toute qualité. En voici un tout jeune qui se présente. Pierre Olivier a quinze ou seize ans et est venu seul de Niort en train pour la Ferté Alais, et le DC3. Il passera la journée avec nous et partagera notre pique-nique. Nous en verrons d’autres. Au-delà de la joie de voler sur cet avion, c’est aussi un véritable bonheur fait de rencontres de personnages formidables. Rares sont les journées qui ne sont pas l’occasion de lier connaissance, d’entendre de belles histoires d’hommes autour de l’aviation.
Nous avons eu aussi les visites des membres de l’Amicale :

Guillaume, le benjamin de l’équipe technique
L’ambiance est tranquille, le vice Président de France DC3 et la Présidente de l’Amicale au travail !


les pompiers se promènent à cheval et les gendarmes sont plus discrets !


En allant faire un tour vers les hangars, nous croiserons le Directeur Général de l’Aviation Civile en famille. C’est très satisfaisant de voir l’intérêt que Patrick Gandil porte à l’aviation et ça redonne de l’espoir pour que les choses évoluent.
Nos hôtesses de l’air arrivent en costumes des années 50. Il y a Carole, PNC à Air France

et d’autres qui s’improvisent. Elles nous laisseront un souvenir ému. Dans l’après-midi, pour la présentation du DC3, nous les embarquerons au point de stationnement, puis roulage devant le public, jusqu’aux tribunes où elles débarqueront et nous repartirons. Nous devons voler en formation avec le JU52 Suisse, pour évoquer le transport aérien des années trente et quarante.









Tout se passera bien, jusqu’au point fixe, où nous aurons un problème . Le moteur droit se met à ralentir, impossible d’avoir un régime normal, nous essayons l’essence, les gaz, rien n’y fait. Nous coupons donc et demandons le tracteur pour rentrer au parking. Il est en effet impossible de faire rouler un DC3 sur un moteur. Le moteur coupé, je constate qu’il est en drapeau. C’est en fait un problème de régulation d’hélice. Revenus au parking, Gabriel dévire électriquement, tout fonctionne. Nous remettons en route et les essais passent bien. Nous concluons que le moteur droit est passé en drapeau pendant les essais , le bouton poussoir étant resté enclenché au lieu de revenir. Jean-Claude ne nous a pas encore rejoint par la route et nous confirmons le diagnostique au téléphone. Il est trop tard pour repartir, le Directeur des vols nous confirme que nous avons perdu notre créneau.
Jean-Claude arrive et sort la documentation.

Nous décidons de faire un petit vol d’essai le soir, après les présentations. Il permettra également à l’équipe de TF1 de boucler ses images.

Nous partons pour ce petit vol dans l’air calme du soir. Jean-Claude qui a pris la relève d’Yves et Arnaud est à bord avec nous. Il fera encore de belles images.





Après ce vol satisfaisant, retour en voitures avec toute l’équipe, nous dînerons ensemble au grill à côté de l’hôtel.
Le lendemain, dimanche, même spectacle, mais cette fois tout fonctionne. Nous effectuerons notre présentation après avoir déposé les hôtesses. Le JU52 tient très bien la formation, de vrais professionnels.




Jean-Claude fera également de belles images vidéo.
Le meeting déroule tranquillement, nous sommes tous satisfaits.



Le FW190 de Jacquard, qui devait être présenté par Léon Mathis, mais qui a dû rester au sol pour des problèmes de réglages techniques.


Le soir, c’est la grande table sous le hangar avec tous les participants. Grande ovation pour Jean Salis qui a été à l’initiative de ces changements. Il est 21 heures et notre reportage est passé au 20 heures de TF1. Nous recevons Gabriel et moi de nombreux coups de fil, c’est la célébrité ! Jean Salis vient nous congratuler. C’est plutôt amusant, car nous n’y sommes pas pour grand chose et la vraie vedette, c’est le DC3. Le lendemain lundi, nous nous retrouvons à La Ferté pour ramener l’avion à Orly. La fête est finie, elle était belle et nous aurons droit à un passage en formation exceptionnel : le JU52 Suisse encadré par deux Rafales. Les chasseurs sont cabrés pour tenir la basse vitesse et le contraste des générations est étonnant.
Nous rentrerons tranquillement à Orly, contents de ce beau premier meeting.
Les photos sont de Susana, Arnaud et Jacques... La vidéo est publiée le 12/07/2009 :(voir dans VIDEOS)