Pau
Le vendredi 5 juin, départ pour la première grande rotation de la saison. Notre première destination est Pau, puis nous irons à Tours, à Orléans, au Bourget, à Montluçon puis de nouveau au Bourget avant de rentrer à Orly le dimanche 21 juin.
Nous avons à bord Yves Monnier comme mécanicien et Etienne Rachou, DG Afrique et Moyen Orient d’Air France. Etienne est membre de l’Amicale et nous soutient bien. Ce meeting de Pau s’annonce comme un des grands moments de la saison française. C’est un meeting ALAT, organisé par le 5ème régiment d’hélicoptères de combat. Le plateau est magnifique avec le DC6 de Red Bull, le B17, le Sea Fury et bien d’autres, et l’affiche du meeting met l’avion en vedette, avec le Tigre, c’est normal et l’avion de Blériot !

Le vol Orly Pau sera techniquement difficile. Nous partons dans un grand ciel bleu, mais la météo se dégrade comme prévu en arrivant vers la Garonne. Nous essayons de passer sous la couche, trop bas, donc au-dessus, les strato-cumulus sont plutôt cumulus et nous montons à 6500 pieds. Marsan en contact nous demande de prendre un cap en éloignement vers l’est. Ce n’est pas très pratique dans le contexte, mais le ton de la dame ne laisse pas le choix. Nous descendrons entre les nuées vers le VOR de TAN. Un passage était prévu sur la ville à la demande de l’organisation du meeting. Nous devions remonter le boulevard des Pyrénées à 500 pieds. Tout était calé et j’avais bien préparé les trajectoires. Hélas, le plafond ne cessait de baisser en s’approchant de Pau et en arrivant sur PU 364 qui devait servir de point d’entrée au survol, nous décidons de ne pas y aller. Ce sera une directe sur la 31et nous voilà posé sous la brume humide. Dommage !
Nous sommes invités plus particulièrement par Philippe, pilote de Super Puma, qui organise le plateau. Ce meeting sera l’occasion de croiser de nombreux colibris de la pilotlist. Nous serons rejoints par Susana et Arnaud, arrivés par la ligne. Le principe du meeting, rejoignant ainsi le choix de la Ferté est remarquable. Les avions sont tous sur le parking statique, au contact des visiteurs et tractés sur l’aire de mise en route pour le départ avant d’être ramenés au statique après le vol.

Le Sea Fury d’Akary, sur le parking, attendant la mise en route (J.Darolles)
C’est très lourd en logistique, mais formidable pour les spectateurs et les équipages. Beaucoup de contacts et d’échanges. De nombreux visiteurs passeront, Susana et Arnaud ont organisé un stand de vente de cartes postales qui aura beaucoup de succès.

Une superbe photo prise par Susana.
Nous aurons la visite du Colonel P., qui vola en C47 sur Dien Bien Phu, en réchappa après de nombreuses missions et conclura sa longue carrière de pilote sur les Constellations du SAR.

Ce sont toujours des moments d’émotion quand nous recevons à l’avion des personnages de l’histoire, pour qui le C47 ou DC3 a représenté de belles pages d’aventures. J’ai le sentiment dans ces instants de faire un tout petit peu partie de ce monde et de contribuer auprès de Gabriel et avec l’équipe à l’écriture de quelques lignes. Nous avons également la visite de Gilles Bordes Pagès, Directeur de la stratégie d’Air France et CDB B777. Gilles est un peu une exception à la compagnie, cumulant une fonction de Direction importante avec son métier de Commandant de Bord long courrier. C’est aussi un vrai photographe spotteur, courant derrière de belles images d’avions.
Le samedi, très beau vol en formation avec le Beech18 de la Ferté et un King Air. Le Beech est piloté par Pierre Fages qui nous a donné de belles images de savoir faire, pendant que le pilote du King Air, peu familiarisé avec les meetings reste derrière. Après cette démo, les deux Beech se posent et nous sommes rejoints par le DC6 de Red Bull avec ses pilotes autrichiens. Nous aurons quelques minutes de vrai bonheur avec eux. L’avion est flamboyant de métal poli et manœuvré comme un Jodel. Mais nous n’avons pas réussi à le voir pendant le vol, tant il nous collait !





Le samedi soir, tout le monde se retrouve au mess et nous organisons une grande table de colibris. Certains sont venus en voiture, d’autres par la ligne comme Jean-Pierre et Mallory arrivés de Lyon par Air France / Airlinair. D’autres enfin sont venus en avion léger, David Vignal et son Wassmer 4 21et Jacques Darolles en PA19. Jacques, commandant de Bord A320 à Air France, est également écrivain, pilote instructeur et bénévole de très longue date dans l’aviation de club Toulousaine. Il fera avec son Piper la plus douce des démonstrations.

Nous avions donné rendez-vous à Jacques Darolles et Gilles Bordes Pagès pour voler avec nous le lendemain. Nous sommes sur le parking dynamique, parés à la mise en route. Le DC6 est tracté très en retard, et tout le monde s’agite. Philippe passe dans tous les sens sur son Quad pour assurer la piste.
de J. Darolles
Nous comprenons que le programme a pris beaucoup de retard et que l’organisation annule des démos. Notre vol tombe sur le billot. Les hélicoptères sont maintenus, normal pour un meeting de voilures tournantes. Nous mettons néanmoins en route pour aller faire du pétrole à la pompe du club de l’autre côté de la piste. Nous aurons au moins fait faire un roulage à nos hôtes. Tant pis, date est prise pour les semaines suivantes, nous organiserons un vol à l’occasion de nos sorties refuelling. De retour sur le parking statique, nous sommes un peu déçu, mais c’est la loi des meetings.
Les uns et les autres se promènent, Susana et Arnaud ramèneront de belles photos de l’intérieur du DC6 Red Bull qu’ils ont visité avec Jacques Darolles. Il est magnifique comme à l’extérieur, mais je rassure tout le monde, nous n’avons pas pour projet d’installer la même chose dans le DC3 !

Quant au poste, il est parfait, mais n’a pas ce je ne sais quoi de particulier et d’authentique qui caractérise le nôtre !

Arnaud et Jacques rêvant de je ne sais quel passé qui ne se réalisera plus !
En ce qui me concerne, je m’étais installé confortablement dans nos fauteuils classe affaire long courrier, pour une longue attente devant durer le reste de l’après midi. Je vois alors apparaître un petit bout de jeune femme au coin de la porte qui demande si elle peut monter. Elle est envoyée par Susana. J’assiste à une démonstration d’enthousiasme rare. Elle est amoureuse du DC3, pilote dans le sud ouest et prépare l’ATPL. La visite du poste déclenche un feu d’artifice d’exclamations et à la sortie, j’ai droit à deux grosses bises sur les deux joues. Natacha me raconte ce qu’elle fait, navigateur sur un hélicoptère d’inspection du réseau des lignes EDF. C’est sympa une telle joie de vivre. Je lui donne l’adresse du site et elle me laisse son contact. Le hasard fera qu’elle en profitera rapidement.
La presse locale fera beaucoup d’information sur le meeting et le DC3 sera partout à l’honneur. C’est une façon pour nous de renvoyer l’ascenseur à Air France qui voit ainsi son image mise en valeur.

La République des Pyrénées
Nous avons également été interviewé avec Gabriel par la Voix du Béarn !
Nous ramènerons de belles images de ce meeting, très vivant et fort sympathique.


Le lendemain lundi, les parkings se sont vidés et nous tractons l’avion devant un hangar non utilisé. Il passera la semaine là à nous attendre et nous rentrons à Paris par la ligne avec Susana et Arnaud.
Dernière image de l’avion devant son hangar, pris par Arnaud, pendant que nous quittons Pau. C’est toujours avec un pincement au coeur que nous le laissons comme ça !

Les magifiques photos de cette sortie sont dues, sauf mention particulière, à Susana et Arnaud. Je n’ose plus faire de photo quand ils sont là !
Le vol Pau Tours
Le vol Pau Tours est prévu le vendredi, il y avait une place et je l’ai proposée à Olivier Monnot, pilote privé de la pilotlist, en formation CPL IR en Grande Bretagne, et éditeur de Susana. Il arrive d’Angleterre jeudi soir, et a un entraînement samedi. Il ne lui a fallu que quelques instants pour se décider, il descendra donc avec nous par la ligne. Philippe qui avait organisé ce magnifique plateau de Pau était notre deuxième invité, mais ses obligations professionnelles ne lui ont pas permis de se joindre à nous. Les quelques coups de fils passés laissent la place disponible, j’appelle donc Natacha, la jeune pilote que nous avions rencontré à Pau. C’est oui tout de suite, elle nous rejoindra sur place. C’est Gérard qui est le mécanicien sur le vol. Nous nous retrouvons tous à Orly ouest, embarquement et départ à l’heure. Je scrute la météo sur la route. Cavok jusqu’à Agen. Le panache de la centrale nucléaire de Civaux se dresse dans l’azur. Nous suivons la route Est que j’avais imaginé si c’était bouché sur la façade atlantique. L’A320 descend tôt et nous finissons en palier au dessus des strato-cumulus qui enrobe le Béarn dans un voile gris. Avec un peu de soleil, ça devrait être bon dans deux heures. Olivier termine le vol dans le cockpit à contempler le travail qui sera sans doute le sien un jour. Philippe nous attend à l’avion, Natacha est déjà sur le parking du 5ème RHC. Nous rejoignons notre DC3 qui nous a attendu sagement. Les pleins sont faits, la prévol suit et nous voilà prêts à partir.
Photo Natacha L.
Photo Olivier M.
Tout le monde s’installe, et c’est la mise en route. Les moteurs fonctionnent comme des horloges. Nous roulons derrière un gros véhicule de pompiers camouflé qui fait office de Flyco. Après le décollage, cap au nord et nous quittons Pau, contact radio avec Marsan radar qui nous autorise une directe. Plus sympa qu’à l’aller.
Photo Natacha L.
Devant nous la barre de strato-cumulus. Nous décidons de monter, ce qui nous fera du « on top » sur une bonne partie du parcours.
Photo Natacha L.
Photo Olivier M.
En passant vers Aire sur Adour, une voix s’est glissée sur Marsan pour nous souhaiter bonjour Gaby, bonjour Jacques, c’est Michel qui nous guettait depuis sa campagne. Nous avons ainsi le sentiment de voler en pays connu, entouré de sympathie et c’est ma foi fort agréable. Nous nous annonçons à Poitiers qui nous demande si nous voulons bien faire un passage. Pas de problème, c’est parti, descente et alignement en finale décalée vers la tour, passage et long virage en montée en enroulant, ponctué d’un grand merci et à bientôt des contrôleurs. Là encore, c’est le même sentiment, un petit moment de bonheur. En arrivant à Tours, la PAF a débuté son entraînement et la contrôleuse qui ne doit pas avoir d’information sur les contraintes de coût à l’heure de vol nous demande de nous dérouter sur Châteaudun. Un rapide calcul nous montre qu’il vaut mieux compte-tenu du délai affiché nous mettre en régime d’attente. Nous irons survoler le château de Chenonceaux.
Photo Olivier M.
La PAF se pose et nous suivrons derrière avec un atterrissage que je fais en vrac, il va falloir revoir ça. Nos deux équipiers ravis se sauvent pour reprendre leurs trains, Natacha nous laisse des petits gâteaux basques et un fromage de brebis qui auront un franc succès.
Les deux enverront des messages, un sur le forum pilotlist, l’autre plus personnalisé :
Olivier Monnot
Tout a commencé mercredi soir quand mon téléphone a sonné. "Salut Olivier, c’est Jacques Lumbroso ! Ca te dit un tour de DC3 vendredi ?"
En ce moment, je suis à Bristol où je fais mon CPL-IR, mais *justement*, je prends l’avion le lendemain (jeudi soir) pour Paris pour y passer le week-end, et je n’ai rien de prévu le vendredi. Reste à organiser la manip, sachant que le vol que je peux faire à bord de F-AZTE est un Pau-Tours.
Je regarde les horaires des vols Air France Paris-Pau le jeudi soir (en envisageant de remonter dans un 320 d’AF sitôt descendu du 320 d’Easyjet), le vendredi matin, les horaires de TGV Tours-Paris le vendredi après-midi, je regarde si c’est plus pratique et moins cher de faire Bristol-Londres puis Londres-Pau (puisqu’il y a une ligne Ryanair). Bref, après mûre réflexion, j’indique à Jacques que je prendrai le même avion que l’équipe du DC3 et que je les retrouve à Orly vendredi matin.
Embarquement dans le 319 d’AF, je demande à une PNC si je peux aller squatter devant, mais juste à ce moment là, le CDB nous annonce qu’un passager ayant enregistré un bagage ne s’est pas présenté, et qu’il faut donc décharger son bagage (donc retard). Quand on finit par partir, l’hôtesse n’est pas repassée me voir.
Au début de la descente, pensant que l’histoire du bagage a peut-être perturbé le cheminement de ma demande, je profite du passage de la chef de cabine pour la solliciter gentiment à nouveau. Je fais bien, parce qu’elle ne répond qu’avec le bagage à virer, elle avait complètement oublié. Elle file à l’avant, et revient aussitôt me chercher. J’ai donc le privilège d’assister à l’arrivée à Pau, droit sur les Pyrénées, depuis le jump-seat avec un équipage super sympa.
Après avoir un peu galéré pour remonter l’allée à contre-courant des voyageurs qui débarquent (comme les saumons, comme le dit en souriant un des PNC) afin de récupérer mon sac, je retrouve l’équipage DC3 dans l’aérogare, et voici Philippe Ardouin venu nous chercher en voiture pour nous emmener sur la base.
F-AZTE nous attend sagement. Petit tour dans un des hangars où se trouve un Tigre assoupi, prévol, et il est temps de partir. On salue Philippe, qui dit : "Je n’aurai jamais vu autant de colibris que grâce à ce meeting !" Moteur droit, moteur gauche, on referme la porte, et roulage derrière un drôle de follow-me (tout kaki). Décollage, Jacques et Gabriel battent des ailes afin de saluer Pau, et c’est parti pour deux heures de nav vers Tours.
Les fauteuils passagers sont récupérés de chez AF, des sièges de classe Affaires, si je ne m’abuse (Susie ou Jacques me corrigeront si je dis des bêtises), en tous cas super larges et confortables. Au point que lors d’un précédent vol, un passager a dormi pendant tout le vol ! Ca ne risquait pas d’arriver à ma co-passagère (une colibriette discrète) et à moi, vu qu’on passait notre temps soit le nez collé au hublot, soit à mitrailler, soit à aller voir ce qu’il se passait devant, soit à aller à l’arrière pour prendre des photos sans avoir l’aile au premier plan (même si c’est aussi très joli les photos avec une aile ou un moteur de DC3 au premier plan !) Pendant ce temps, White est sagement assis sur son siège quand il n’est pas le nez à la fenêtre.
Au niveau du poste de pilotage, c’est très bruyant, mais quand on est dans nos sièges à l’arrière, ce n’est plus du bruit, c’est le chant grave des deux gros moteurs qui ronronnent tranquillement. Ce "vrai" son de moteur, que ne font plus les moteurs à pistons de nos avions d’aéroclubs.
On laisse sur notre gauche Mont de Marsan, puis Bordeaux. Passage à proximité d’Angoulème, et, le temps passant très vite dans un DC3, c’est déjà Poitiers qui approche. Gabriel et Jacques proposent un passage, accepté par le contrôle (qui refuserait un passage de DC3 devant sa tour ?). J’allume l’AR108 pour entendre un "Merci beaucoup Tango Echo !"
Et c’est reparti vers Tours... qui ne veut pas de nous ! Pas possible de d’y poser. Pour une bonne raison : la PAF est en train de répéter (sisi, Louis, je te jure, c’était bien la PAF !). Le contrôle nous annonce 40 minutes d’attente. Après avoir envisagé d’aller se poser quelque part, les pilotes décident d’attendre.
J’entends ça à la radio et je je m’empresse d’annoncer la bonne nouvelle à Natacha : on va avoir 40 mn de rab !!! :-) Gabriel et Jacques survolent la Loire, et voici le château de Chenonceaux ! Le DC3 fait un large cercle autour du bijou de la Loire, et nous, derrière, on mitraille ! Chenonceaux vu de haut, c’est magnifique, mais en plus depuis le hublot d’un DC3, c’est encore mieux !
Sur notre gauche, Natacha et moi voyons au loin les fumigènes rouge et bleu de la PAF... Et après 40 mn de balade, on est autorisés à se poser à Tours. Base main gauche pour la 20, finale, atterro, et le DC3 va se garer sur le grand parking où sont déjà les Alphajets de la PAF (sisi, Louis, je t’assure !), des alphajets kakis, des Mirage, des F5, et voilà un PC7 qui arrive...
Le temps de discuter un peu avec les militaires qui arrivent en nombre pour photographier F-AZTE, de dire au revoir et de remercier le team DC3, et Natacha et moi fonçons vers la gare pour attraper notre TGV...
Près de 3 heures de vool en DC3, ça vaut bien 55 mn d’A319, moins d’une heure passée à Pau, et 1h10 de TGV, tout ça pour faire Paris-Paris en 8 heures, via Pau et Tours !
Merci encore à Susana, Jacques et Gabriel pour cette belle journée dans un des avions les plus mythiques de l’histoire de l’aviation !
Olivier
Natacha Laporte
Coucou Jacques !!
J’espère que tu vas bien depuis Tours ! Je n’ai pu t’écrire avant, je suis plongée dans ma tonne de livres ATPL, on a rien sans rien ! :-)
Comment s’est passé le Bourget ? Moi depuis le vol, je suis sur mon nuage et complètement aux anges !! Je ne vous remercierai vraiment jamais assez !! J’ai réalisé un rêve de gosse qui m’était si cher....Il me tarde de pouvoir rejoindre l’asso car comme je te disais s’il y a besoin de venir bichonner l’oiseau ce sera avec un immense plaisir !!!!! Je vais contacter Susana pour voir avec elle pour l’inscription !
Je t’envoie ci joint 3 petites photos, il faut que je m’occupe de retoucher les autres, je traîne un peu, je te les envoie par lien pour ne pas te surcharger le mail, la suite suivra dans quelques jours ! :
http://www.kirikoo.net/images/7gazellon-20090615-181916.jpg
http://www.kirikoo.net/images/7gazellon-20090615-183634.jpg
http://www.kirikoo.net/images/7gazellon-20090615-183344.jpg
j’espère que tout le monde se porte bien et j’espère avoir l’occasion de vous revoir très vite !
De mon côté j’ai attaqué le deuxième cycle voltige en CAP10 et j’en profite pour monter mes heures pour me présenter au CPL IR MCC l’année prochaine à Arcachon, bref, comme toujours....la tête en l’air et c’est à chaque fois que du bonheur ! :-)
je te dis à très bientôt !
Natacha
Tours
L’avion est stationné au milieu d’une grande aire bétonnée, l’accueil est sympa, mais le public sera loin. Nous sommes à côté du Dassault d’Argentan avec Odolan et son équipe. Beaucoup de chasseurs sur le parking. Nous récupérons une grosse Pajero qui sera conduite de main de maître par Gérard. Les formalités accomplies nous rejoignons l’hôtel à la sortie de la base. Là, ce sera deux heures d’attente invraisemblable pour avoir les chambres. Nous ne sommes pas sur la liste du réceptionniste alors que notre correspondant de la base nous confirme l’hôtel. Discussion entre les uns et les autres. Arrivée de la gérante, d’un militaire de la base et nous avons enfin nos chambres. L’expérience nous montre que la récupération des chambres est un des exercices les plus difficiles en meeting. Pour nous remettre, nous irons dîner dans un succulent restaurant portugais repéré par Gérard. C’est sa première sortie, c’est de bon augure !
Le lendemain, c’est le spotter day ! à dix heures une centaine de privilégiés sont lâchés sur le tarmac, on les reconnaît de loin, sacs à dos, silhouette courbée par le poids du matériel, chapeaux ou casquettes inimitables, appareils photos en bandoulière avec des zooms irracontables et des pins, badges et breloques en tout genre. Les anglais ont en plus de petits carnets pour noter les immatriculations. Ils se déplacent à grandes enjambées pour pouvoir être les premiers à photographier leur avion de rêve sans être gêné. On se croirait dans un grand magasin à l’ouverture des soldes. J’en vois un avec un beau chapeau de paille, il se dirige vers l’avion, mais c’est Didier Doslin, notre correspondant poitevin de la pilotlist ! Il est pilote à l’aéroclub de Tours qui nous avait si gentiment accueillis l’an dernier avec l’avion. Didier vient nous saluer, c’est sympa et nous invite le soir à dîner chez lui. J’accepte chaleureusement. Didier est très agréable et il revient d’un stage montagne au Versoud avec Serge, le chef pilote avec qui j’ai bien aimé voler.
Nous avons un vol dans l’après-midi, nous n’en parlerons pas. Il s’est terminé sur un taxiway en cul de sac. Après la mise en route, le contrôleur nous demande de sortir par la gauche. Le taxiway est encombré de Mirage 2000, et autres Rafales. Nous roulons en serrant sur le bord, entre les balises. Ca passe juste, mais au bout de la ligne d’Alphajets, une clôture dimensionnée pour laisser passer des avions de chasse. Il manque trois mètres de chaque côté, impossible de faire demi-tour. Nous coupons et les militaires viennent nous chercher au tracteur. Retour au parking et terminé, nous avons perdu notre créneau. Visiblement, tout le monde ne sait pas ce qu’est un DC3 !
Le soir, douchés et propres, nous nous rendons chez Didier et Madame, ce sera un barbecue au bord de la piscine. Catherine, la dynamique Présidente de l’Aéroclub est présente. Soirée très sympa, belles andouillettes grillées et spécialités Tourangelles. Le tout arrosé de Vouvray.
Dimanche, nous sommes à pied d’œuvre tôt le matin, briefing oblige. L’attente s’installe. Nous sommes rejoint par Xavier, le chef Pilote de mon aéroclub de Toussus.
Nous allons bientôt mettre en route, mais la présentation d’un Stearman vient de se terminer par un accident. L’avion a disparu derrière les arbres après un piqué impressionnant. Il n’est pas réapparu et nous entendons sur la fréquence que l’avion s’est écrasé. Le pilote s’en tire heureusement avec une fracture à la mâchoire. L’Alphajet qui est garé devant nous demande les consignes, il lui est annoncé que les vols sont suspendus. Nous appelons, et le contrôle nous confirme que notre vol est annulé, ainsi que tous ceux prévus sur cette période. Le show reprendra deux heures plus tard, nous ne volerons donc pas. Décidément la saison démarre bizarrement , un vol annulé à la Ferté, un à Pau, deux à Tours !
Orléans
Le lendemain, départ pour Orléans Bricy où nous laisserons l’avion quelques jours sur la base. Une soirée commémorative est prévue le mercredi soir et une manifestation le vendredi matin. En arrivant au terrain, nous avons la confirmation de l’impression matinale. La météo est bâchée, plafond bas, petite pluie et visibilité réduite. Le prévisionniste de la base nous promet une amélioration pour l’après midi, il n’y a donc qu’à attendre. Je préviens Orléans du retard. Il y a problème car le chauffeur devant nous ramener à Orly devra faire des heures supplémentaires, mais ça s’arrange.
Vers 15h30, le plafond est suffisant et nous mettons en route. Le vol sur Bricy sera sans problème, un saut de puce ! La Loire est là rapidement, la centrale nucléaire laissée sur la droite, les installations en vue et nous voilà en vent arrière. Posé et nous allons vers l’escale. Le contrôleur demande si nous connaissons ? et oui, Bricy est une de nos destinations favorites. Nous sommes attendus, l’avion stocké, les bagages dans la voiture et nous revoilà repartis vers Orly où nos voitures nous attendent. Nous reviendrons mercredi pour la manifestation.
Le mercredi, rendez-vous à 14heures à Orly avec Gabriel. Nous n’irons que tous les deux. Deux heures de voiture et nous revoilà sur la base.


Nous installons la barre et un tracteur vient nous remorquer devant la porte du grand hangar de toile.



Nous voyons arriver le JU52 de la Ferté avec Dédé Faure, Léon Mathis, Roro et les autres. Nous sommes stationnés devant le hangar en épi avec le JU et devant un Transall et un Hercules.

Nous partons au mess pour le repas, puis retour vers le lieu de la manifestation. Des voitures de collection sont stationnées autour des avions. Les invités commencent à arriver, ils sont guidés vers l’arrière du hangar dont les grandes portes qui donnent sur le tarmac sont fermées.. Le hangar est aménagé avec une scène centrale et de grands écrans. Vers 21 heures, tout le monde est assis et le spectacle commence. Il retrace avec quelques acteurs et des images l’histoire de l’Armée de l’Air qui a 75 ans cette année.

Belle histoire qui est celle du pays depuis 1934. A la fin de la représentation, avant la deuxième partie de la soirée animée par le Jazz Band de l’Armée de l’Air, les portes du hangar s’ouvrent et le DC3 apparaît dans la lumière du soleil couchant.

C’est magique. Les autres avions sont beaux également, mais le DC3, c’est autre chose, c’est aussi l’histoire de cette période. Le premier est sorti en 1935 et il en vole toujours. Et sa beauté est émouvante, il est doux et harmonieux.

Un cocktail est servi et nous aurons beaucoup de visiteuses et quelques visiteurs.




Un Transall viendra faire un feu d’artifices de corolles dans le ciel rougi du soir.

La soirée se terminera par le concert de Jazz, et les danseurs du club local. Certains sont très bons et donnent envie de les rejoindre, mais il vaut mieux les regarder.
Une fois les invités partis, il nous reste à ramener l’avion à l’escale avec les gars de la piste, et nous repartons Gabriel et moi vers Paris, il est minuit et demie. Gabriel récupère sa voiture à Orly et chacun repart chez soi, nous serons au lit vers trois heures du matin. Que de temps consacré pour quelques heures de vol. Mais elles nous récompensent largement de tout cet engagement !
Prochaine étape, vendredi matin pour un beau périple, mais ce sera une autre histoire.