Orléans Le Bourget Montluçon Le Bourget Orly Les Mureaux Orly
Petite rotation, mais d’une densité exceptionnelle. Elle s’était construite au hasard des demandes. Nous avions, assez tôt dans la saison, préfiguré le vol sur Montluçon pour le Fly In des pilotes du Groupe AF KLM. C’est un rassemblement plus qu’un meeting, mais c’est avec un grand plaisir que nous y allons. Béatrice et Thierry, les organisateurs sont tellement dévoués et accueillants. C’est aussi une opportunité pour retrouver beaucoup d’amis et le DC3 AF KLM se doit d’y être. Nous avions imaginé de faire Tours Montluçon, avant que ne se greffe le passage par Orléans. Le petit détour ne posait d’autre problème que la fatigue de l’équipage, plus engagé sur les routes que sur les vols ! Mais ce mode de fonctionnement nous permet de proposer des conditions intéressantes aux uns et aux autres. Tout était figé, quand en mai je reçois une demande de la Direction des Relations extérieures d’Air France pour faire participer l’avion au Salon du Bourget ! Formidable, mais c’est pendant la semaine où nous allions à Orléans puis à Montluçon. Nous avions pris des engagements, et nous tenons à faire notre possible pour les respecter.
Quelques contacts avec les uns et les autres, un peu de négociation et nous arrivons à trouver un enchaînement qui répond à l’essentiel de la demande :
Nous quitterons Orléans le vendredi matin avec un passage au-dessus de la base pour la manifestation prévue ce jour à 10 heures précises. Nous devons être posés à 10h45 au Bourget pour être à 11 heures au plus tard sur le parking Golf auprès de l’A320 F-GFKJ, aux couleurs Air France années 50. Nous repartirons à 18 h00 pour Montluçon afin d’être accueillis par l’équipe du Fly In. Participation au rassemblement le samedi, à la fête du soir et décollage le dimanche matin vers 06 h15 pour être de nouveau au bloc Bourget à 07 h 30 afin d’être tracté sur l’expo statique avant l’ouverture du Salon au grand public à 9 heures. Puis retour sur Orly à 19 h après la fermeture. Et le lendemain lundi, nous avons organisé un vol sur Les Mureaux pour refueler, avec Jacques Darolles et Gilles Bordes Pagès !
Rendez-vous à 7 heures le vendredi matin avec le véhicule militaire qui doit nous ramener sur Orléans. Jean-Claude est avec nous et tout le monde est ponctuel à la porte d’AFI à Orly. Nous laissons nos voitures pour dimanche soir. Une heure et demie plus tard, petit café à l’escale de la base de Bricy et nous préparons la machine. Mise en route à 09 50, roulage, point fixe et check list et nous décollons face à l’ouest, virage à gauche et descente légère vers 500 pieds sol pour effectuer le passage sur les merlons, le long du taxiway. Les invités sont devant le hangar en toile, le contrat est tenu, cap sur Melun. Nous volons à 700 ch, ce qui n’est pas habituel. La vitesse gagne 15 nœuds, avec nos160 nous allons être à l’heure. Seine info appelé est au courant du vol. En effet, nous avons un plan de vol, car pénétrer la bulle de protection du Salon du Bourget, ce n’est pas plus compliqué que de se rendre à l’Elysée, mais pas moins, sans doute.
Nous avions eu des échanges de mail, téléphones, une réunion préparatoire au Bourget avec l’équipe des vols du salon et Air France. Il y avait entre autres, le CDB d’Air France qui amenait le B777 cargo à la demande de Boeing. En discutant après la réunion, nous nous rendons compte que nous avons quelques connaissances communes. Normal, il aime les avions, fait partie de l’équipe du Musée d’Angers et connaît Yves Tariel. J’ai eu un classeur de 150 pages de consignes, une demande de laisser-passer pour l’avion, des fiches de renseignement etc… Nous avons du obtenir un numéro de code à mentionner sur le plan de vol et à redonner en vol aux services de contrôle.
Donc, on nous attendait !!! La météo est moyenne et le plafond baisse. Le Noratlas est sur la fréquence devant nous et ouvre la voie. Je reste sur Seine et Gabriel passe sur la fréquence clairance du Bourget pour écouter l’arrivée du Nord. Tout se passe bien. Verticale de Melun en auto information, puis Lognes qui nous annonce que les autorités militaires doivent vérifier. Le contrôleur nous demande de faire un 360 au dessus du terrain à 1500 pieds NH. Ok, c’est bon vous pouvez aller sur E1 et Le Bourget. La gare de triage de Vaires, le terrain de Chelles sur la droite, le château d’eau en vue, mais Le Bourget nous demande à nouveau de faire un 360, pour vérification, ça devient lassant. OK, c’est bon, reportez vous sur E2, est-ce que la 03 vous convient ? Oui monsieur, reportez vous en base main droite, un 320 est en finale sur la 25. Nous sommes presque aux portes de Paris, mais pas le temps de regarder. Préparation machine, les volets, le train sort, la finale au-dessus des parkings voitures du salon, nous sommes posés. Encore un rebond de trop, c’est moi qui était PF. Il va falloir que je fasse quelque chose, j’ai changé la hauteur du siège, j’y vois beaucoup mieux, mais j’ai perdu le coup d’œil.
Nous dégageons et roulons derrière le 320, c’est le KJ d’Air France ! Nous arrivons en même temps, c’est merveilleux. Sur le parking, des avions de collection, le Noratlas et l’A320. Nous sommes garés en épi, devant le chalet d’Air France Industries. Il y a beaucoup de monde sur la terrasse, les flash crépitent, un vrai bonheur. Du cockpit, je reconnais quelques anciens collègues.

La vision des deux avions aux couleurs d’autrefois, celles de l’époque de la ligne est magique. Nous sommes transportés dans un autre temps. Cette journée est la consécration pour Gabriel et moi de tous nos efforts pour faire reconnaître l’avion au sein de la compagnie.



Une petite demie-heure pour les photographes et les tracteurs arrivent pour nous tirer vers le parking de l’exposition statique. Susana est là. Elle me prévient au téléphone qu’elle est dans l’A380, Arnaud arrivera plus tard. Nous roulons devant le 320.


Il y a déjà du monde sur le tarmac.

Nous serons placés au cœur de l’expo statique, à la place qu’occupait le B777 cargo, reparti en courrier.
Des personnalités d’Air France sont présentes, Pierre Velay, le Directeur de la Flotte d’Air France, qui est à l’initiative de cet événement, c’est un passionné des avions, Denis Parenteau, Président du Musée Air France, Gilles Bordes Pagès, Directeur de la Stratégie et ses appareils photos.


Nous sommes invités, Gabriel et moi, à déjeuner au restaurant Breitling par l’équipe Air France. Après quelques énervements, Susana et Jean-Claude pourront déjeuner au chalet AFI. La logistique Breitling est impressionnante, une grande salle en hauteur, avec terrasse, au cœur du Salon. Le grand escalier qui monte est encadré par le Super G, deux L39 et le nouveau DC3. Nous ne sommes pas dans le même monde !
Arrivés en haut des marches, nous saluons Le Directeur Général de l’Aviation Civile Patrick Gandil, et sa Directrice de Cabinet, Odile Cherel. Ils sont en pleine discussion avec le maître des lieux, Jacques Bothelin, leader de la patrouille Breitling.
Après quelques hésitations, nous nous retrouvons à leur table, au côté de Maxime Coffin , ancien Directeur de la DCS de la DGAC et nouveau chargé de la mission aviation générale. Il y a également Evelyne Gogneau, notre correspondante à la DGAC. Je comprends que les deux autres sont des représentants de Red Bull, qui travaillent sur le projet de course dans la rade de Marseille. Ce ne sera sans doute pas pour cette année, malgré le soutien des uns et des autres. Contacts intéressants qui permettent d’échanger sur un de nos sujets favoris avec la DGAC, l’emport de passagers. Ce sujet est également celui de Jacques Bothelin.
Après ce beau et léger repas, nous retournons à l’avion. Nous aurons beaucoup de visites jusqu’à la fin du salon. Susana et Arnaud animeront la piste avec notre assistance !
Photo de Susana par Zino Aouiguer
Nous prendrons malgré tout un moment pour un tour du Salon. Un salut à Philippe Monniot et une visite de son nouveau APM, le Simba. Je suis fanatique du Lionceau et encore plus du Lion, qui sont d’excellents avions école et de loisir. Nous en avons deux au club Brocard d’Etampes. Nous irons voir le stand AFI et quelques autres anciens partenaires. Le Mirage III Suisse est très impressionnant comme avion de collection, nous sommes loin d’imaginer même de faire pareil. Nous on préfère entasser les avions de notre histoire dans les parcs à ferrailles.
18 heures, les portes fermes et nous sommes tractés vers l’aire de mise en route. Susana et Arnaud sont à bord, et Jean-Claude nous suivra sur toute la rotation. Nous décollerons vers 19 heures

Le vol est beau dans l’air calme du soir. Nous passons par Melun puis direct sur Montluçon.


Gabriel est PF

et la navigation est facile, tout droit !

nous arrivons à l’heure prévue.

Thierry Paris est sur le tarmac, en gilet fluo, Talky-Walky et VHF en bandoulière
A peine garé devant les pompes nous descendons la barre et nous sommes tractés dans le coin de parking habituel.

Il n’y a pas beaucoup d’avions, Béatrice nous dit que la météo a fait reporter beaucoup de vols, mais ils seront là demain. Le temps de boire la bière d’accueil, et nous nous installons avec les autres équipages présents dans le bus. Il nous conduira vers la salle communale qui sert de restaurant depuis que nous venons. Repas sympa et ensuite le bus à nouveau jusqu’à Montluçon pour l’ habituel hôtel de la Gare.
Le lendemain, tout le monde est à pied d’œuvre sur le terrain. Les avions commencent à arriver. Au final, il y en aura beaucoup, de pilotes personnels d’Air France et d’amis.



Il y aura même le Sea Fury d’Akary, le Paris piloté par un CDB de Brittair, un Fouga, des Broussards, et une kyrielle d’avions de club, anciens et modernes. Nous verrons arriver Anne-Céline et Emmanuel Davidson avec leur Cessna diesel, Sidonie et Klaus Holman arriveront également de nos Hautes Alpes. Nous sommes voisins là bas. Sidonie pilote des B777 à Air France et Klaus est un fantastique pilote de planeur, recordman du monde de distance et d’autres choses encore. Ils animent le centre de vol à voile de Serres et nous discuterons longuement le soir à table des fantastiques projets de Klaus. Après avoir arpenté la Cordillère des Andes, il rêve d’Himalaya, de Pôle et de tour du monde en motoplaneur !
Nous retrouverons encore beaucoup d’amis tout au long de ce rassemblement.

Nous ferons une démo, toujours aussi élégamment enlevée par Gabriel.








Le soir, repas traditionnel dans la salle des fêtes. Concours non moins traditionnel, Susana fera un tabac avec beaucoup de réponses, mais Arnaud remportera la palme en séchant tout le monde sur une question impossible. Lui seul avait la réponse, sans conteste, et il remporte le très beau prix, un ensemble de couteaux Laguiole avec des manches en pièces de Concorde polies. Avec Gabriel et Jean-Claude, nous remporterons le prix du plus bel avion !
Nous avions trouvé un taxi pour nous prendre tous les cinq à 5 heures le matin. Il était là, ponctuel, et nous également. Arrivés 45 minutes plus tard sur l’aérodrome, nous nous faufilons par la petite porte laissée ouverte. La prévol, la préparation avion et à 6 h15, nous mettons en route dans la lumière du soleil qui se lève. Susana est restée dehors avec Jean-Claude pour faire quelques unes de ces photos dont elle a le secret.



Nous décollons face au nord, montée en ligne droite, nous sommes au cap pour Melun.

L’air est calme, nous avançons sans heurt dans le doux ronronnement des moteurs.







Les couleurs de l’aube sont magnifiques. Il n’y a personne sur les fréquences info, le ciel est à nous. Je ressens un profond sentiment de liberté dans ces moments.




L’avion avance au-dessus de la campagne endormie. Les lacs et rivières sont recouverts de nappes de brouillard matinal.



Au loin, la Centrale nucléaire et son panache sont comme un phare des temps modernes. Notre route passe tout près, je pourrais aller dessus, mais il faut l’éviter largement sous peine d’infraction ! Nous poursuivons notre chemin sur des territoires qui me sont familiers. La Loire, la forêt d’Orléans, puis la plaine, à gauche Pithiviers et à droite Montargis. Le cockpit du DC3 est un balcon, nous reconnaissons bientôt le Loing, la forêt de Fontainebleau. Seine info répond et nous allons traverser la zone de Melun. Le Bourget nous attend, c’est très fluide aujourd’hui. Nous passerons Lognes dans la foulée et c’est l’approche du Bourget. La 03 sera très bien encore cette fois.



Nous sommes posés et au parking Golf, les moteurs stoppés à 7 h30. Avant 8 h. Le tractage vient nous chercher et nous sommes bientôt de nouveau sur le parking statique, au côté du KJ. Le contrat est rempli !

Jean-Claude est déjà au travail pour parfaire l’image de son avion.

La journée s’écoulera tranquillement au rythme des visites, souvent beaucoup de chaleur dans ces contacts. De belles présentations des paquebots du ciel d’hier et de demain.


Nous faisons une bonne équipe avec Jean-Claude, Gabriel, Susana et Arnaud. Tout est simple, sympathique et marche bien.

Arnaud est maintenant largement adopté, il fait de belles photos !

Photo de Z. Aouiguer
Et nous avons quelques autres volontaires pour rejoindre l’Amicale. Le Bourget est noir de monde, les professionnels sont partis, mais c’est un grand succès public.

L’Airbus ZéroG de Novespace. Hervé, notre pilote d’essais fait partie de son équipage, entre quelques autres vols ! Il a fait voler le DG de l’aviation civile pendant le salon. Patrick Gandil a bien apprécié l’apesanteur.
Le soir, les avions font la queue pour partir, nous sommes bien placés, tractés dès la fermeture du salon, nous mettrons en route vers 19 h, décollage en 03, virage à droite rapide pour ne pas interférer avec CDG, puis E2, E1, nous quittons Le Bourget et Orly nous propose de nous reporter sur OL. C’est direct, mais je ne vois pas bien ce que nous irions faire à la croisée des pistes. Il y a un flottement, Gabriel lui demande de confirmer quelle piste il va nous proposer. La 20, c’est très bien, nous sommes en longue finale et là le contrôleur nous demande de nous reporter en base main gauche. Orly est face à l’Est avec des décollages en 08. Tout ça est un peu confus, mais ça rentrera dans l’ordre et nous nous posons en 20 avec un dégagement rapide. Nous sommes un peu fatigués et contents de rentrer après ce beau périple très réussi.
Le lendemain, nous allions faire de l’essence en profitant de l’occasion pour faire voler Jacques Darolles et Gilles Bordes Pagès. Nous avons choisi pour changer d’aller aux Mureaux, belle piste en herbe dans la vallée de la Seine.



Passant à proximité de Bailleau, nous décidons de faire une présentation train et volets sortis, pour montrer la manoeuvre à Gilles. Nous avons bien demandé si les planeurs étaient en l’air et si ça ne leur posait pas de problème. On nous a répondu du bout des lèvres sur la fréquence que les planeurs étaient encore au sol et que ça ne gênait pas. En courte finale, nous avons eu droit à un grand bras d’honeur d’un vélivole sectaire qui était près des machines. Nous avons souvent pendant la saison à Etampes des planeurs qui viennent se vacher sur la piste en herbe après avoir occupé la verticale. Et quand ils repartent, l’herbe est mobilisée pendant un long moment. Nous les recevons toujours avec sympathie. Le monde de l’aviation a parfois des difficultés de compréhension avec l’extérieur. C’est normal, mais quand c’est entre pilotes, je trouve ça minable ! Dommage, c’était beau par ailleurs.

Aux Mureaux, nous serons accueillis par notre ami Raymond Frappot qui nous fera visiter sa belle collection et son nouveau Yak. Magnifique !


puis nous irons déjeuner avant de repartir tranquillement vers Orly, en musardant dans la campagne. Jacques Darolles écrira un mot sympa sur la pilotlist que je me permet de reproduire :
Jacques Darolles
Bon, alors, avec la puissance décollage, il faut pousser le DC 3 en ligne de vol, comme un Jodel, il a du couple à gauche, comme un Jodel, et il faut l’empêcher de décoller seul, et lui faire prendre 105 à la pendule, comme un Jodel, avant de le laisser monter. Sauf que là, c’est des MPH, et que sur le Jodel, c’est des kilomètres/ heure. Bien. Nous y voici. De toute manière, Gabriel a les commandes pour le décollage, car Bon Dieu que la piste des Mureaux semble courte, Hugues Jourdan pourrait quand même nous en tondre un petit bout de plus, au lieu de siroter des sodas immondes le long du terrain entre midi et deux. ( Si si, on t’a vu). On a quelques noeuds de vent arrière, mais il paraît que ça plaît mieux aux riverains qu’on décolle comme ça, pas sûr que ceux du bout de la 28 partagent ce point de vue. Décollage. Au delà de 40 à l’admission, le DC 3 n’est pas du genre discret, et son bruit ne tient pas de la conversation de salon. Ca marsouine doucement sur les grands amortisseurs, et hop, on est en l’air " A toi les commandes ". A moi les commandes. Alors là, ça ne ressemble plus à un Jodel, ça ne ressemble plus à aucune machine, tellement c’est lourd. La décontraction de Jacques Lumbroso et de Gabriel Eveque me rassure, on n’a donc pas décollé avec le blocage commandes, ça semble être normal, la conduite camion 30 tonnes. " Tu as qu’à suivre la Seine." Bien. Je suis la Seine. Sauf que la Seine fait des méandres, et que faire un virage avec cet haltérophilique appareil nécessite muscle et anticipation. Au bout de cinq minutes, à mon grand ravissement, j’arrive à tenir un cap et une altitude, ô allégresse.
Quelques virages sur les blés de la Beauce. j’arrive même à le tenir à 30° d’incli sans partir dans la nature, on a des joies simples.
Je m’inquiète quand même pour la finale à Orly, que nous allons paraît- il emmancher directement en 02 depuis la verticale Brétigny. Parce que compte tenu des efforts aux commandes, s’il faut se bagarrer avec le vent, il doit falloir s’y mettre à plusieurs. Gabriel s’occupe du trafic radio avec Orly, qu’il est inhabituel d’entendre au travers de nos casques d’aviation générale.
Allez, verticale Brétigny, on voit la piste, j’essaie de m’y aligner en plusieurs fois, parce qu’un overshhot de l’axe, c’est 500 calories pour revenir, ho, hisse et hooo...
On y est. Ouf . Je le tiens. Heureusement, Gabriel et Jacques s’occupent du reste pendant ce temps. Gestion des manettes, les volets, le train, les check-lists, je suis arrivé à me mettre sur le glide, après avoir découvert l’instrument qui l’indique, en bas à gauche, là, tout au fond entre deux manos. De loin, ça doit ressembler à une finale correcte, parce que Gabriel joue de la manette pour que ça finisse à peu près sur la piste. "Laisse-le descendre, encore, encore, là, tu l’arrondis doucement.. et voilà ." Voilà ! Pthouch ptouch, l’engin rebondit à peine, en arrivant au sol " de piste" et en réduisant tout, la queue descend toute seule, ça tombe bien, il y a une grosse roulette dessous.
Heureusement que la 02 est une piste secondaire, et que le trafic commercial n’en a guère besoin, car nous roulons tout au bout, pour dégager vers le hangar de la DM qui abrite le bel oiseau. Et je vous jure que je ne roule pas vite, puisque, la roulette n’étant pas conjuguée ( un peu comme certains messages sur la Liste), seul le frein peut donner une direction ( comme à la DGAC, en somme).
Deux mixtures sur Etouffoir. Les grandes hélices finissent par s’arrêter. Règle d’or, attendre la fin de la dernière check-list pour laisser exploser ma joie ( on n’interrompt jamais une check-list).
Wouaouh !
J’ai piloté LE DC3 !!! Mais une certitude demeure, cet avion est impossible à dérober, parce que la procédure de démarrage est à elle seule un moment d’anthologie, remplir les carbus aux boosters, puis les injections, puis le démarreur à inertie, puis les magnétos, enfin bref, un vrai avion de mécano, quoi !
Mille mercis à Jacques Lumbroso et Gabriel Eveque pour cette journée inoubliable, et bien sûr aux mécanos qui, comme souvent mènent dans l’ombre un énorme travail, indispensable au maintien de la machine.
On recommence quand ? Jacques Darolles Aviateur paysan

Nos deux compères auront pu toucher du manche et comparer les qualités de vol de notre avion à leurs 320 et 777. C’est un avion doux, qui demande à être piloté doucement, mais avec une saine puissance. Jean-Claude et Yves qui nous attendaient rangent l’avion pendant que je raccompagne tout le monde au parking PN d’Orly.