Le TAJP
Le Tour aérien des jeunes pilotes est un grand moment de la vie aéronautique en France. Il est organisé par la Fédération Aéronautique Française, la FFA, tous les deux ans maintenant. Autrefois, du temps d’Air Inter, le DC3 F-GDPP faisait partie de cette aventure. C’était l’avion logistique du Tour, et Gabriel se souvient de tranches de vie avec beaucoup d’agitations médiatiques et autres … Les temps ont bien changé, et le tour s’est recentré sur les jeunes, ce qui est une bonne chose.
Nous avions le souhait de revenir participer avec le F-AZTE. En 2008, j’avais contacté la Fédération pour une éventuelle participation au meeting de Melun, clôturant le tour aérien des licenciés, alternatif du TAJP. L’accueil avait été plutôt distant, et on nous avait refusé, même pour une participation gratuite ! En 2009, les circonstances étaient un peu différentes. J’avais établi des contacts avec la FFA dans le cadre de l’affiliation de l’aéroclub Jousse que nous avons créé à Toussus le Noble.
L’aéroclub Jousse est l’aéroclub supporté par le CFA des Métiers de l’Aérien, qui forme en particulier des techniciens et techniciens supérieurs aéronautiques pour la maintenance et la construction aéronautique. Ce CFA avait repris en 1997 la suite de l’école technique d’Air France de Vilgénis. Dès les premiers temps du CFA, il m’était apparu nécessaire d’ouvrir la compétence des jeunes apprentis au monde de l’aéronautique en leur permettant de côtoyer des avions en état de vol. Nous avions commencé par un Rallye, puis un PA28, puis deux puis trois

… Les jeunes réalisaient des travaux pratiques sur les avions et avaient l’occasion de vols d’initiation et pour les plus accrochés d’aller jusqu’au PPL. Les débuts avaient eu lieu à Etampes dans un partenariat avec l’aéroclub Brocard, et dans l’année 2006, l’idée d’un aéroclub spécifique, à Toussus, beaucoup plus proche du CFA implanté à Massy avait germé. Créé en 2007, nous nous sommes installés à Toussus en 2008.

J’ai donc entrepris dès le début 2008, étant Président du club, une démarche d’affiliation. Une longue marche de dix huit mois dans les méandres d’une Fédération. La démarche a abouti, après quelques difficultés, grâce au soutien du Président de l’époque, Jean-Claude Rousselle et du nouveau, Jean-Michel Ozoux. Et c’est surtout grâce à l’appui et aux interventions de quelques uns qui ont compris l’intérêt d’un club tourné vers les jeunes techniciens de l’aéronautique et ouvert également à la société civile. Ce sont en particulier Jean-Luc Charron, le Trésorier de la FFA et Loïc Logeais, le conseiller technique national qui nous ont permis d’avancer. Les contacts que j’ai alors établi avec Eric Savattero, le Commissaire Général du Tour ont été très fructueux. Nous avions l’habitude depuis deux tours de prêter un avion PA28 180 et nous avons renouvelé cette année dans le cadre du nouveau club. J’ai alors évoqué le DC3 et Eric a été enthousiasmé. Eric est instructeur et fortement impliqué dans l’action associative et fédérale depuis de nombreuses années. Nous avons sympathisé et nous sommes rapidement tombé d’accord sur une participation de notre avion à quelques escales du Tour. Sur le point de rassemblement, à Saint Yan, l’école des pilotes de ligne, puis nous irions à Vannes, où se tient le meeting du tour et enfin à la Ferté Alais pour la dernière étape et le fly in des licenciés de la FFA.
A Vannes, pas de problème, nous avons depuis peu une escale chez Christine et Tharcise Ruyer, membres de l’Amicale, amoureux du DC3 et soutiens de l’Association. Tout s’organisait pour le mieux, nous avions eu à l’origine, avec Tharcise, un projet d’organiser des sauts à l’occasion du meeting. Trop compliqué dans le contexte, nous avions donc abandonné. ! A quelques semaines de l’aventure, nous avions croisé Patrick Gandil à la Ferté et nous lui avons proposé de venir avec nous à Saint Yan. Nous l’avions amené l’an dernier pour l’anniversaire des soixante ans du Centre. Cette année, c’était le départ du TAJP qui avait lieu sur une des centres phares de la DGAC. Il adore l’aviation et le DC3. La réponse a été rapide, et j’ai donc prévenu Eric Savattero que nous arriverions avec le DG de l’aviation civile. C’était également une aubaine pour le TAJP !
Le lundi matin, tout le monde est là à l’heure dite à Orly. Nous partons tous les deux avec Gabriel, exceptionnellement sans mécanicien. Ceci nous permettra d’amener nos trois invités de la DGAC sans dérogation d’emport !

Odile Cherel, Directrice de Cabinet accompagne le DG, ainsi que Patrice Moreau. Nous décollons sans problème sur la 20 et après avoir quitté Orly, nous passons sur Seine info. Le contrôleur nous demande si nous faisons un passage sur Melun ! non pas cette fois, nous sommes un peu loin. Je me lève et cède la place à Patrick Gandil qui attendait sur le siège mécano.



Nous poursuivrons la montée au dessus de la couche vers le niveau 55.




En effet le RTBA est très actif aujourd’hui et nous n’aurions pas pu passer. Le réseau très basse altitude des avions militaires constitue un mur infranchissable, et heureusement que la couche nuageuse n’est pas soudée.



L’arrivée à St Yan se fera par un passage en vent arrière 33, derrière un Cessna piloté par un jeune du TAJP. Le DG gouttera aux joies de l’atterrissage deux points d’un DC3, et après le dernier rebond, nous sommes au sol, dégagés et vers le parking. Notre marshaller est très élégant, c’est Jacques Aboulin, le chef de centre, en pantalon noir, chemisette blanche à épaulette et cravate assortie. Bel accueil, nous le retrouvons avec plaisir. C’est un grand monsieur de l’aviation, pilote de planeur, de montagne, d’aviation de collection, et de tout ce qui vole au SEFA. Après avoir été le chef de centre de Grenoble et contribué à former des générations d’instructeurs, il préside aujourd’hui à la formation des élèves pilotes de ligne. Il est très engagé, plein d’énergie, mais simple et modeste, et toujours souriant.
Toute l’équipe du TAJP est là et nous passerons deux journées formidables sur le terrain de Saint Yan. Nous aurons beaucoup de visites, les jeunes du tour, les EPL, les instructeurs et le personnel du centre. Nous verrons passer également des anciens, Gabriel retrouvera avec émotion quelques collègues du temps des Stampes et 733.

L’équipe du tour est très sympathique et je suis impressionné par leur engagement. La caravane est une grande machine, avec tous les avions des jeunes et les machines des accompagnateurs. Eric Savattero est le commissaire général du tour et les choses sont remarquablement organisées.

Le briefing
C’est une grande responsabilité de décider des vols du jour. La météo n’est pas toujours au rendez-vous et il faut s’adapter et prendre des décisions. Bravo à Eric et à toute l’équipe.


Les photos de groupe devant le DC3
Jean-Michel Ozoux, le nouveau président de la FFA nous fera l’honneur de passer un moment dans le poste. Nous aurons aussi la visite de Jean-Luc Charron qui m’aura beaucoup aidé dans le montage du dossier de l’aéroclub de Toussus.

Jean-Luc Charron
Le parking de Saint Yan n’avait pas été rempli comme ça depuis longtemps. Des dizaines d’avions, des concurrents, des accompagnateurs, des visiteurs et du SEFA !




Le Stinson piloté par Baptiste Salis qui suit le Tour

L’AN2 de Phil Clarke qui assure une partie de la logistique du Tour

Un DA42 du SEFA


Le PA28 TF prêté par l’aéroclub du CFA aux commissaires du tour
Dans l’après-midi du lundi, une jeune femme se présente à l’avion en nous disant, me reconnaissez-vous ? C’est Fanny, une jeune EPL que nous avions emmené avec nous l’an dernier. Oui, bien sûr ! Nous échangeons un peu et comprenant vite que nous avons de la place sur notre prochain tronçon de Saint Yan à Vannes, nous demande d’une petite voix, est-ce que je pourrais venir ? Gabriel dit oui tout de suite mais s’inquiète de ma grosse voix qui dit on verra. En fait, elle est très sympathique et nous ne résistons pas. Jacques Aboulin nous en dira les meilleures choses et elle se retrouvera avec nous le mercredi matin. Le mardi soir, nous étions rejoint par Albéric qui nous avait eu notre passage sur TF1 pour la Ferté, et qui en tant que jeune adhérent allait jouer le rôle de convoyeur auxiliaire dans l’avion. Albéric est élève pilote à l’aéroclub et a pour projet d’en faire son métier. Ce sera donc pour lui une bonne opportunité de rencontres et pourra enfin voler sur cet avion de rêve. Le mercredi, la météo est complexe. Nous avons eu des orages violents toute la nuit et il subsiste un résidu de masse pluvio-orageuse qui se déplace vers le nord est. L’écran radar météo des OPS à St Yan est fantastique. Nous savons qu’il suffirait d’attendre pour partir sans problème, mais ! sur le sud est de la Bretagne, une masse d’air très chargée est en remontée et ne nous laisse que peu de temps. Nous décidons donc de partir rapidement. La veille au soir, les EPL avaient repoussé l’avion et nous étions prêts au départ. Fanny avait préparé un dossier météo, notam, etc… épais comme un roman de Victor Hugo. Une lecture rapide, mais attentive confirma que le RTBA n’est pas actif sur le parcours et que le créneau météo est étroit.
Nous décollons donc avec nos deux jeunes à bord, et quittons la zone après un passage sur le terrain. Nous passerons Bourges où un AFIS semble occupé à autre chose qu’à sa tâche, puis ensuite les SIV successifs sur la route. Nous survolerons Ancenis à la demande de Fanny. C’est là que son ami fait des baptêmes en attendant des jours meilleurs. Il est sorti de Saint Yan récemment et se retrouve au chômage comme toute la promotion. La météo se dégrade rapidement et passé la Vilaine, c’est accroché sur le relief, pourtant pas haut ! Nous ne sommes qu’à dix nautiques de Vannes qui nous donne 1700 pieds de plafond. Nous optons pour la descente de la rivière vers la mer puis un retour sur Vannes par le sud. Ça passe et nous arrivons en effet dans la bulle. Après l’atterrissage, nous stationnons sur l’herbe. Nous sommes attendus par Tharcise et nous nous rendons de concert vers les locaux de l’aéroclub. Bon et chaleureux accueil de tout le monde. Gabriel retrouve là encore des anciens et après quelques discussions, nous partons chez Tharcise.
Nous y serons reçu avec une extrême gentillesse. Mickaël, l’ami de Fanny nous a rejoint et nous attaquons le lunch à base de charcuterie bretonne. Nous débrieffons du vol, ils sont ravis et nous disent avoir été surpris par notre travail en équipage, la répartition des tâches, la fluidité des échanges avant décision. C’est sympathique et ça fait plaisir. Nous volons ensemble avec Gabriel depuis plus de trois ans, plus de 200 heures de vol et nous avons bien rôdé nos modes de fonctionnement. J’ai vraiment appris avec lui ce qu’était le travail en équipage et c’est très riche.
La première partie de la mission est achevée, il ne nous reste qu’à attendre le tour à Vannes.