Nous sommes à Sabadell, un terrain d’aviation générale près de Barcelone. Beaucoup d’écoles privées à la mode espagnole. C’est là que se tient le salon de l’Aviation Générale. Le contact avec Daniel, qui représente l’organisation de la Festa del Cel qui nous invite, est sympathique, et il parle très bien le français. En fait, il y a trois manifestations qui se chevauchent, et ça ne facilitera pas les opérations. Il y a la Festa del Cel, organisée par la Mairie de Barcelone avec ses avions invités. Il y a le salon de l’aéronautique de Sabadell, un salon d’aviation générale et il y a la Red Bull Race. La Festa del Cel a lieu tous les ans, mais Red Bull n’était pas revenu depuis quelques années. Tout le monde est installé sur l’aérodrome, le parking est partagé du côté où nous sommes entre les exposants du salon et les chapiteaux de Red Bull. Entre les deux, une barrière infranchissable. Nous, nous sommes du côté salon, mais nous aurons des badges Red Bull, faisant partie des équipages de présentation. La partie aérienne est totalement maîtrisée par Red Bull. C’est une organisation qui porte bien son nom, mais nous apprendrons à les connaître. Ce sont de vrais professionnels et leur cirque est réglé comme une horloge suisse, d’ailleurs leur partenaire principal est Breitling.


Bon, nous sommes mercredi. Demain jeudi, ouverture du salon, et premier briefing, vendredi nous devons être présents pour les visites de l’avion.

Samedi, vol d’entraînement le matin et de nouveau à treize heures en ouverture des épreuves de sélection de la course. Et enfin, le vol dimanche, le grand jour avant la course. Nous n’aurons guère le temps de visiter Barcelone. Susana s’occupe de la logistique avec brio. Nous sommes logés au Princess Barcelona, un quatre étoiles au bord de la mer et nous avons une grande et luxueuse BMW noire à notre disposition. Grâce à Garmine, ma charmante accompagnatrice logée dans le boîtier de mon GPS, nous arrivons directement à l’hôtel, après nous être perdus dans les sous sols du parking. Bien sûr, nous n’avons pas encore l’habitude dans les sorties de France DC3, de déposer notre BM noire devant la porte de l’hôtel en double file et de tendre négligemment les clés au portier qui va la garer.
L’hôtel est superbe, les chambres sont splendides, Gabriel va faire des photographies pour copier le mobilier de salle de bain en verre. Le restaurant sera excellent, les buffets aussi.
Nous allons passer deux jours sur le terrain de Sabadell, avec des visites, l’inauguration du salon et les entraînements de la Red Bull Race. Julien Robin nous rejoindra, nous l’avions déjà eu avec nous à Budapest. Il fait des piges pour des revues spécialisées françaises, Arnaud arrive par la ligne vendredi.

Le Corsair de Red Bull

L’avion qui fait des baptèmes !
Sur le salon, des avions sont exposés, nous serons particulièrement intéressés par le petit bimoteur Tecnam et nous regarderons les départs et arrivées des avions de courses pour leurs entraînements. Nous irons également au bord de la mer contempler du sol l’organisation mise en place, la tour de contrôle, les plages qui vont accueillir les centaines de milliers de spectateurs, les bouées et bateaux de secours. Nous les verrons d’en haut le samedi et le dimanche.



Jeudi soir, un premier briefing des équipages chez Red Bull. Nous sommes en Catalogne, dans une fête aérienne de la ville de Barcelone, mais tout est pris en main par l’Organisation Red Bull. Le style rouleau compresseur ne me plaisait guère, mais nous aurons l’occasion de mieux les connaître. Ce sont de vrais professionnels, tous issus du métier, pilotes, techniciens, ingénieurs. Nous sommes loin du sympathique amateurisme de certaines manifestations. Ils nous accueilleront bien et nous finirons par tisser quelques liens. Le même briefing aura lieu le vendredi soir, avec cette fois l’équipage de l’AN2 et du JU52. Il est prévu que nous volions ensemble, pas possible compte-tenu des vitesses trop différentes. Nous nous mettons d’accord pour passer les uns derrière les autres dans une présentation simple. Les circuits d’entrée et sortie sont clairs, circuit d’attente avant de pénétrer dans la zone. Un A320 Catalan doit passer avant nous et donc nous ferons des stacks au-dessus de sa trajectoire.
Le samedi, nous sommes prêts à l’aube pour le vol de répétition. Tout va bien se passer, bien que ce soit un peu compliqué. Red Bull (Grid control) donne les autorisations de mise en route, le sol de Sabadell reprend pour le roulage une fois que nous sommes sortis du périmètre de l’expo, le contrôle d’aérodrome nous libère ensuite à partir d’un point dont la désignation changera entre chaque vol. Puis c’est Race control qui reprend la main et donne le top pour le début du show et la pénétration dans la zone, et idem au retour.














Nous sommes tous les trois tendus vers les images qui sont sous le cockpit, Alain filme. L’arrivée sur Barcelone est impressionnante, la ville est sous nos ailes, la mer arrive vite et Gabriel part sur le stack.



Nous sommes rejoints par le JU puis l’AN2 qui orbitent 500 pieds en étages.

Au top, sortie de virage et descente vers 200 pieds dans une grande ligne droite qui nous amène devant la plage centrale et la tour. Tout est enveloppé dans un grand virage à droite pour faire briller les couleurs d’Air France au soleil de la Catalogne. Puis virage à gauche en montée, passage le long de la plage, un peu plus loin et dégagement vers le point de sortie, pendant que le JU52 entame sa partie. Nous rejoignons le terrain, toujours aussi encaissé et court et c’est posé. Toute l’équipe est là, ça marche et ça passe dans le temps imparti.



Petit repas typique sous la tente, et nous nous préparons au vol de l’après-midi. Cette fois, ce n’est plus la répétition, nous ouvrons la fête avec les avions de collection, puis c’est la course. Le samedi, les éliminatoires et dimanche, les finales !
14h, nous demandons la mise en route, gros capharnaüm sur la fréquence. Les contrôleurs de Sabadell ne doivent pas apprécier la présence d’une tour Red Bull qui gère les créneaux et le roulage sur la partie de l’aérodrome dédiée. Ils nous refusent la mise en route. Ca se règle après des allers retours, ils ne nous donnent pas la mise en route, mais nous reprennent après 100 m de roulage, en arrivant sur le deuxième taxiway. Tout se passera bien, là encore. Il y a du monde sur les plages cette fois-ci.




Le lendemain, les plages seront noires, on nous annoncera plus de 800.000 spectateurs ! et 600.000 la veille.





Nous aurons droit le dimanche à un coup de chapeau du Directeur des vols Red Bull sur la fréquence. La présentation de Gabriel est toujours très élégante et l’avion est beau. Ce que nous ne savons pas, c’est que c’est retransmis par les gigantesques haut-parleurs. Les écrans de télé retransmettent tout sur les stands Red Bull à Sabadell et l’équipe nous dira que les images de l’avion étaient belles. De gros plans sur lesquels on pouvait voir nos visages et l’appareil photo que je tenais dans les mains.


De retour, nous allons rapidement nous restaurer et nous nous dirigeons vers le paddock. Nos badges équipages sont un vrai sauf-conduit. Nous passerons l’après-midi au milieu des coureurs. Susana est là, comme chez elle. Tout le monde la connaît maintenant et avec nos blousons France DC3, nous avons une certaine allure. Très classique, rien à voir avec les combinaisons et avions fluo de la course.




Nous sommes fascinés par le spectacle, c’est une chance extraordinaire d’être là, dans le saint des saints de la plus grande course d’avions en dehors des USA.


Nicolas Ivanoff, le français avec Renaud Ecalle, champion du monde de voltige, au retour d’une finale.
Nous vibrerons pour notre champion, le français, bien sûr. Mais il ne terminera pas sur le podium, bien qu’il ait gagné une manche.


Nigell Lamb de l’équipe Breitling

Matthias Dolderer

Paul Bonhomme
Le soir, de retour à l’hôtel, nous sommes fourbus et une longue journée nous attend demain. Nous partirons en début de matinée, cap sur Albi. Nous choisissons la route directe avec Gabriel. Le contrôle de Gerona est sympathique, nous montons vers le FL 85 pour passer les sommets. La frontière est vite atteinte avec le bon vent qui nous pousse. Voici Font Romeu, nous distinguons le four solaire et le terrain de Puivert. La vallée s’ouvre devant nous, la Montagne Noire est au loin, masse sombre affalée sur l’horizon. Il suffit de tirer sur la pointe ouest et c’est le cap pour Albi. Posé à Albi, nous sommes attendus pour le plein, complet encore pour aujourd’hui. Le push back est fait grâce à l’équipe du terrain et aux membres du club venus visiter l’avion. Le soutier me donne une copie de la Dépêche du Midi avec notre article de la semaine passée. Puis repas au restaurant du terrain et ensuite départ pour Pau. Nous nous paierons une verticale Blagnac et arrivée sans problème. Nous allons stationner à l’embarquement de l’Ecole des troupes aéroportées, l’ETAP. Le Lieutenant-Colonel Mercury nous attend. C’est lui qui a organisé notre venue. Il nous raccompagne à l’aérogare et tout le monde repart sur Paris. Nous avons en effet avec Gabriel a assister à la cérémonie de remise des prix du concours photos Air France le lendemain mardi. Nous remettons en prix une double adhésion à l’Amicale avec participation à un vol.
Le lendemain, au siège d’Air France, nous aurons la surprise de voir que parmi les cinq photos primées au concours, trois ont pour objet notre DC3 ! Grande satisfaction et le gagnant de notre prix n’est autre que Gilles Bordes-Pagès, Directeur de la stratégie du Groupe et CDB 777. C’est un ami et il avait déjà volé avec nous !
Le lendemain mercredi, nous repartons avec le premier avion, car la météo se dégrade le jour suivant et le programme semble plus chargé que prévu. Une voiture de location nous attend et sur le terrain de l’ETAP, nous serons rejoints par Hervé, malade comme tout. Il ne pilotera donc pas, mais nous assistera pour toute la partie technique liée aux parachutages.
Les largueurs de l’ETAP sont formés, ils ont déjà effectué des opérations avec nous à Pau et à Pamiers et Joël les avait briefés. Nous passerons une journée et demie dans une ambiance superbe, au milieu de ces paras. Le vendredi, jour du départ, le Lieutenant-Colonel nous demande une faveur, et après avoir emmené des responsables locaux de l’aviation civile, nous embarquons la Directrice de la DAC Sud Ouest. Sympathique et intéressée.
Nous attendons un peu pour partir. Il y a une fenêtre météo entre le moment où ça va se dégrader à Pau et ou ça se dégage au nord de la Loire. C’est très pessimiste pour Orly et même Tours. J’ai une longue discussion avec le prévisionniste de Bordeaux qui nous donne une vision très claire du parcours. Décollage après avoir salué tout le monde, ou ce qu’il en reste. En effet les paras sont partis faire une marche de cohésion dans les Pyrénées !
Nous ne sommes que trois dans l’avion avec Yves Tariel. Yves qui était mécanicien sur cette partie a du rentrer par la ligne, étant de service le vendredi après midi.
Beau temps sur la première partie du parcours, à Poitiers, Tours semble bon, nous poursuivons. La dernière d’Orly arrivés vers Tours est jouable. Ce sera bon jusqu’à Orléans. Nous terminerons avec un plafond et une visi dégradés, mais acceptable. C’est une région que nous connaissons bien, la N20, les éoliennes, Angerville, Etampes, La Ferté Alais et Brétigny. Le contrôle nous donne une directe sur la 02. Les ILS sur 110.3, les barres en croix et la piste apparaît dans la brume. Nous sommes posés dans l’après-midi, Jean-Claude nous rejoint en vélo et rentre l’avion. La pluie tombe à verse dès que nous sommes à l’abri, la prévision météo s’avère exacte.
Nous venons de terminer une des grandes sorties de la saison. Les vols vont se terminer, encore deux ou trois petites sorties locales, et ce sera le chantier d’hiver.